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CARROSSERIE > N°729 > Janvier - Février 2020 Portrait > CARROSSERIE PASCAL, VILLEMANDEUR (45) Un nouveau départ Après un incendie qui a ravagé leur atelier, Pascal Forest et son fils Geoffrey n'ont pas hésité à se retrousser les manches, trouver un nouveau local et réinvestir pour relancer la machine. Sans perte de temps. Il est 18H45 ce soir de novembre 2018. Après avoir fermé les portes de sa carrosserie, située en plein centre-ville de Villemandeur, enclenché l'alarme, Pascal Forest rentre chez lui. Il reçoit alors un coup de fil de la compagnie de surveillance qui l'alerte sur le fait qu'il y a des mouvements suspects à l'intérieur de l'atelier. Il décide de retourner voir. Lorsqu'il arrive, trois camions de pompiers sont sur les lieux. Sa carrosserie est en train de partir en fumée. « Nous n'avons pas réussi à savoir d'où cela était parti : un court-circuit ? Une voiture ? Il y en avait une quinzaine dans l'atelier. Tout a été réduit en cendre. Les pompiers pouvaient difficilement accéder à cause du risque d'explosion. Ils ont quand même réussi à sauver quelques papiers, une véritable chance. Mais, ce jour-là, le ciel m'est vraiment tombé sur la tête », reconnaît Pascal Forest. Après l'incendie, le patron n'aura pas vraiment le temps de douter. Quelques mois de batailles juridiques puis Pascal Forest récupère des fonds pour se relancer. Pas assez pour imaginer construire l'atelier de ses rêves, tout juste pour investir dans de nouveaux outillages. Il apprend alors qu'un ami carrossier laisse son local en zone artisanale. L'atelier, bien situé sur une artère très passante, mérite un petit rafraîchissement. Sols, murs, hall d'accueil... les modifications sont rapidement entreprises. DE NOMBREUX OUTILS NEUFS ET UNE CABINE D'OCCASION « Il a fallu composer avec la disposition des murs. Mais on s'en tire globalement bien, précise Geoffrey Forest, fils de Pascal et principal tôlier/peintre de l'entreprise. Nous avons trouvé une bonne cabine d'occasion sans génie civil à prévoir. Il faut certes utiliser des rampes pour monter les voitures mais nous avons réussi à parfaitement la positionner en face de l'entrée principale de l'atelier ». De part et d'autre de la cabine, deux zones : une de quatre postes dédiée à la carrosserie et une autre pour l'entretien mécanique qui permet d'accueillir deux ou trois voitures. L'outillage, pour la majorité flambant neuf, permet de traiter les opérations les plus complexes du métier, des tôles à haute limite élastique grâce à un puissant poste de soudure électrique par points à la recherche de teinte via le spectrophotomètre en passant par une table élévatrice avec équerre de redressage. « Cet outillage devrait nous être livré d'ici quelques jours. Nous ne voulions pas reprendre un véritable marbre de redressage car ce type de chocs est de plus en plus rare dans la région. Je pense que c'est un bon compromis » estime Pascal Forest. ADHÉRER À UN RÉSEAU Pour les Forest, près d'un an après l'incendie, la plaie est en passe d'être refermée. La clientèle a suivi, la plupart des agréments et des accords de sous-traitance ont été conservés. « J'ai bien noté une petite baisse de l'activité d'entretien mécanique », reconnaît Pascal Forest. Il explique cela par le fait que « la clientèle de centre-ville appréciait déposer sa voiture et repartir à pied ». Aujourd'hui comme avant, les agréments comptent pour 30% du chiffre d'affaires, 40% viennent des accords de sous-traitante avec les principaux concessionnaires et flottes d'entreprises et enfin 20% découlent directement des particuliers. « Cela fonctionne très bien comme cela, assure Pascal Forest, même si nous aimerions embaucher pour développer l'activité ». Le patron montargois pense aussi adhérer à un réseau. Il étudie deux propositions qui pourraient apporter un peu de volume d'affaires dans les domaines de la pose d'accessoires ou la vente de voitures. L'idée est de parvenir à placer le curseur au bon endroit. Aujourd'hui, Geoffrey peut compter sur l'aide d'un autre compagnon et d'un apprenti pour traiter les différents ordres de réparation. Pascal met lui aussi la main à la pâte même s'il doit passer du temps au bureau afin de traiter les opérations administratives. A une époque, la carrosserie Pascal comptait sept employés, dont une secrétaire. Aujourd'hui, c'est assez net, l'entreprise privilégie l'agilité. Elle n'en manque pas à la vue du court laps de temps qu'il lui a fallu pour se redresser. CONCLUSION Dans ses nouveaux murs, la carrosserie Pascal n'a pas mis longtemps pour repartir de l'avant. Grâce à des locaux rapidement utilisables, un outillage moderne et, bien sûr, une clientèle fidèle qui a suivi. 3 questions à Pascal Forest Avez-vous imaginé changer de métier lorsque tout est parti en fumée ? Pas changer de métier mais je me suis questionné en effet. Si j'avais été plus proche de la retraite, j'aurais pu imaginer travailler différemment mais là, je n'avais pas le choix. Il a fallu se relancer. Et très vite. Pendant combien de temps n'avez-vous pas pu exercer votre métier ? On a eu beaucoup de chance. Quatre mois après l'incendie, nous ouvrions ici. Ça n'a pas été simple mais je pense que nous avons vraiment limité les dégâts. Vous n'avez pas remplacé le marbre de redressage ; est-ce le seul changement de stratégie en matière d'outillage ? Nous sommes allés à l'essentiel. Nous n'avons plus que deux postes de soudure, par points et MIG, mais deux postes haut de gamme. Nous allons sans doute investir dans un outillage pour le calibrage des Adas. Nous avons profité d'Equip'Auto pour étudier les principales offres.