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CARROSSERIE > N°729 > Janvier - Février 2020 Dossier > COLORIMÉTRIE Des bons usages du spectrophotomètre L'usage du spectrophotomètre tend à se développer dans l'atelier. Appareil de mesure de précision, il permet de déterminer rapidement et sans erreur la couleur précise du véhicule et donc de la reproduire. Pourquoi utiliser un tel outil ? Pour quels usages ? Avec quelle rentabilité ? AXALTA Axalta propose plusieurs spectrophotomètres sous ses diverses marques de peinture. Il s'agit des ChromaVision Pro Mini et ChromaVision Mini pour la marque Cromax, des ColorDialog Phœnix et ColorDialog Compact pour Spies Hecker et des Genius iQ et Genius XS pour Standox. Selon les responsables d'Axalta, « ces outils permettent avant tout à des personnes qui ne sont pas forcément des coloristes chevronnés de trouver efficacement la formule de teinte adaptée à la couleur mesurée » et donc celle réelle de la carrosserie du véhicule. Les deux modèles proposés (déclinés dans chacune des marques) ont le même usage : celui de déterminer la formule de teinte la plus appropriée pour contretyper la couleur mesurée. La différence entre les deux modèles est que le modèle « EFX » (ChromaVision Pro Mini pour Cromax, ColorDialog Phœnix pour Spies Hecker / Genius iQ pour Standox) permet de mesurer, en plus de la couleur, l'effet de la teinte (taille de la particule de métal ou de nacre) et sa concentration. Pour les utiliser efficacement, il suffit de suivre les méthodes et les conseils d'utilisation des appareils prodigués lors des formations dédiées à ces appareils. Il convient aussi d'associer ces appareils à un logiciel de recherche de teinte (Chromaweb pour Cromax / Phœnix pour Spies Hecker / Standowin iQ pour Standox) ce qui permet l'accès à une base de données colorimétrique de plusieurs centaines de milliers de formules de couleur, un nombre bien supérieur au plus complet des teintiers ! Les liaisons possibles sont multiples : par câble, wifi, ou via le cloud pour une gestion des teintes 100 % numérique. Axalta propose « diverses formules de financement pour l'utilisation de ces appareils permettant de les rentabiliser très rapidement, compte tenu de leur grande précision et du gain de temps qu'ils génèrent » soulignent les responsables du fabricant de peinture. Il convient toutefois de prendre quelques précautions afin de préserver l'efficacité de ces outils de précision : les préserver des chocs, de la poussière et de l'humidité. Il faut aussi faire attention aux écarts de température brutaux subis par l'appareil pouvant créer par exemple de la condensation sur l'optique de l'appareil et fausser la lecture ; attention aussi aux écarts de température entre l'appareil et le véhicule à mesurer (comme, par exemple avec un véhicule stocké en plein soleil). BASF Chez BASF (marques Glasurit et R-M), il n'y a qu'un seul modèle de spectrophotomètre. « Il s'agit du Ratio Scan 12/6 de Glasurit et du Colortronic 12/6 de R-M. Ce sont des spectrophotomètres de dernière génération qui conviennent à toutes les utilisations. Cependant, pour les carrossiers équipés de spectrophotomètres de la génération précédente, celui-ci est toujours utilisable et compatible avec la base de données couleur qui garantit la performance de l'outil » affirme Thierry Leclerc, Responsable du département Technique Europe de l'Ouest - BASF Division Coatings. Il poursuit : « La solution mise à disposition permet certes de retrouver efficacement une couleur parmi des centaines de milliers, mais également d'ajuster colorimétriquement cette solution pour une concordance encore meilleure. Les Ratio Scan 12/6 et Colortronic 12/6 possèdent une technologie qui intègre 12 géométries de mesure sous deux éclairages différents, pour une lecture de la couleur dans toutes les dimensions quel que soit l'effet ; une caméra couleur pour qualifier les particules du coloris ; un écran couleur tactile pour une interface conviviale ; un dispositif d'auto calibration pour garantir une lecture précise ». Cependant, l'utilisation efficace d'un spectrophotomètre nécessite quelques précautions élémentaires. « Il convient ainsi de mettre régulièrement à jour la base de données couleur du logiciel fourni, et d'installer systématiquement la dernière version du micrologiciel du spectro. Ces opérations sont bien évidemment automatiques si la balance est connectée. Il faut que l'utilisateur veille à la parfaite propreté de la surface mesurée, pour éviter toute interférence avec la couleur. Une opération de polissage de cette surface est impérative. Au niveau de l'utilisation en elle-même, le spectro embarque des dispositifs qui vont garantir la bonne mesure de la couleur du véhicule : thermomètre, capteurs de pression, analyse statistique des lectures.... » souligne Thierry Leclerc. Ces outils sont des appareils d'optique de précision, conçus pour être utilisé dans des conditions industrielles. Il est néanmoins essentiel de le protéger de toute salissure pouvant affecter le dispositif de mesure. Un dépoussiérage régulier avec une bombe d'air sec est conseillé et un retour en usine pour une opération de calibration est recommandé tous les 2 ans. Pour assurer une bonne mise en œuvre, une formation, sur une journée, est suffisante pour maitriser totalement les logiciels. BASF propose aussi un module de formation spécifique, axé sur la colorimétrie instrumentale et l'interprétation des courbes spectrales pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans la maitrise de l'outil. Cette formation se déroule cette fois en centre, sur une durée de 2 jours. Bien entendu, pour tirer pleinement parti du spectrophotomètre, qui n'est qu'un des maillons de la chaine de recherche et de reproduction de la couleur, il est essentiel de disposer en complément d'un logiciel de recherche et d'ajustage et d'une base de données couleur sont des éléments également essentiels. Intégrer ces éléments dans l'ordinateur d'une balance connectée, qui dispose aujourd'hui de suffisamment de ressources informatiques pour les faire fonctionner correctement, est la solution la plus pertinente dans les ateliers. « L'intégration complémentaire d'une machine à doser automatique doit répondre à des problématiques et des objectifs bien particuliers, indépendants de la pure efficacité du spectro en lui-même » conclut Thierry Leclerc. SHERWIN-WILLIAMS Jean-Christophe Servant, DG France Sherwin-Williams Automotive Finishes explique que « Nous commercialisons un spectrophotomètre de dernière génération. Il dispose d'un diamètre de zone de flash réduit (idéal pour les jantes ou pièces arrondies) de mesures sous 5 angles, d'une connexion Wifi, d'un écran tactile et est interfacé à une base de données colorimétrique mondiale via le Cloud ». Selon lui, « La meilleure efficacité pour son usage est de flasher, en amont, tous les véhicules qui entrent à l'atelier, afin d'optimiser la préparation des teintes et de concentrer cette tâche sur un coloriste ». Le retour sur investissement est très rapide pour les ateliers à forte activité. Pour commencer, les teintiers classiques ne sont plus nécessaires. De plus, ces mêmes teintiers sont très chronophages pour les mises à jour manuelles régulières des lèches qui les composent. Jean-Christophe Servant préconise de « protéger le spectrophotomètre, l'atelier étant un environnement hostile (poussière, risque de chute...). Il faut le faire contrôler chez le fabriquant tous les 2 ans et bien maîtriser le processus d'étalonnage. Enfin, il faut éviter de l'exposer à de grandes variations de température ». Sherwin-Willimas dispense une formation dédiée à son spectrophotomètre qui allie théorie et pratique sur une journée. Bien entendu, cette formation est associée à celle sur le logiciel de colorimétrie spécifique. « Ces deux composantes sont indissociables. La balance est systématiquement intégrée ou interfacée au logiciel. Donc spectro, logiciel et balance pour la pesée des teintes forment un tout. Cette configuration, sans machine de mélange, est suffisante pour la plupart des utilisateurs qui pèsent les teintes manuellement. En revanche pour les carrosseries à gros volume, l'efficacité peut être optimisée en intégrant un maillon de plus qui est la machine de préparation automatisée des teintes. Notre choix s'est porté sur la Daisy Wheel de Fillon Technologies » rappelle Jean-Christophe Servant. PPG Chez PPG, deux spectrophotomètres sont proposés : le Rapid Match Go qui dispose de 5 angles de mesure et d'un éclairage LED intégré lui permettant de travailler sur les surfaces les plus courbées et même sur les jantes. Il aide les peintres à réaliser rapidement une teinte précise dès le premier essai. Le Rapid Match XI est l'appareil idéal pour les distributeurs et les spécialistes couleur qui réalisent des contretypages. Il combine 11 angles de couleurs et 5 angles de texture pour un total de 16 géométries, alimentées par six lumières LED. Pour s'assurer que le spectro mesure la bonne couleur dans les meilleures conditions, il est indispensable de s'assurer au préalable du nettoyage et de la préparation du support, d'avoir une bonne connaissance de l'appareil via les modules de formation PPG et d'avoir une bonne interprétation des résultats. Les prix de ces spectros sont de 5 030,55 euros pour le Rapid Match Go et de 8 242,41 euros pour le Rapid Match XI. Ces deux outils permettent aux carrossiers des gains de temps et une meilleure productivité grâce à la certitude d'avoir trouvé la meilleure teinte du premier coup, d'économiser du temps d'analyse et de réduire le risque de reprise du véhicule. L'utilisation du Rapid Match Go est abordée pendant les formations « Colorimétrie » qui se déroulent sur trois jours. Elles sont organisées toute l'année dans les centres de formation PPG de Gennevilliers, de Marseille et les centres de formation partenaires. Pour tirer la quintessence des spectros, il convient, selon PPG, de les utiliser à l'extérieur des zones de condensation, par un utilisateur ayant les mains propres et dans un environnement non poussiéreux. Si le spectro est sale, il convient de nettoyer l'extérieur de l'instrument avec un chiffon imbibé d'eau ou de détachant doux. Il ne faut jamais utiliser de solvant sur l'appareil ni d'air comprimé, des débris pouvant alors pénétrer dans l'appareil et contaminer les composants optiques. Lorsque l'instrument n'est pas utilisé pendant une période prolongée, il convient de le ranger dans son étui ou sur sa base. Les spectrophotomètres de 5ème génération de PPG sont des solutions digitales qui intègrent les besoins du peintre pour faciliter le processus de réparation et disposer d'indicateurs de pilotage de l'activité. Bien entendu, les responsables de PPG voient l'avenir en digital et le lancement, cette année du système de préparation de teinte automatisé Moonwalk entre pleinement dans cette démarche. Photos D.R.