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CARROSSERIE > N°708 > MAI 2017 Carrosserie automobile Carrosserie automobile Portrait Portrait > RELAIS MONTESQUIEU, ASNIÈRES_SUR_SEINE (92) Une carrosserie « zéro poussière » L'atelier mesure moins de 500 m2 et est dépourvu de place de parking (à proximité). Cela oblige le Relais Montesquieu à développer la réparation rapide. Propriétaires d'un garage Renault en région parisienne et d'une société de gestion de parc, Bénédicte Willems et Maurice Boufraine ont lancé leur première carrosserie. Peut_être pas la dernière... Afin de satisfaire les demandes émanant de leur société de gestion de parc et de location longue durée Centralise Goup, Bénédicte Willems et Maurice Boufraine ont lancé leur propre carrosserie. « Tant qu'à investir, nous avons décidé de mettre en place un atelier éco_responsable en centre_ville d'Asnières_sur_Seine (92) », explique Bénédicte Willems. En quoi cela consiste ? « Eliminer les poussières, les émissions et fluides polluants ainsi que limiter les risques liés à la fatigue au travail », poursuit Maurice Boufraine qui enchaîne en valorisant sa démarche et les accords passés avec la Cramif (Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile_de_France), l'organisme qui a accompagné techniquement le projet et subventionné le matériel à hauteur de 70 000 € : « Lorsque les gens évoluent dans un environnement hors poussières, que les bruits sont étouffés et que l'outillage permet de travailler à hauteur d'homme, tout le monde y trouve un bénéfice. Moins d'absentéisme, un travail de meilleure qualité, un voisinage qui ne se plaint pas des éventuelles nuisances ». Les concepteurs sont pourtant partis d'un local existant, une ancienne carrosserie, de taille modeste, coincée entre des immeubles d'habitation. UN INVESTISSEMENT CONSÉQUENT L'investissement total est de 500 000 €, dont 300 000 € en matériel. Outre la cabine de peinture, ultra silencieuse (60 dB) capable de traquer les pertes d'énergie, les postes de soudure dernier cri aptes à répondre aux exigences des aciers à ultra haute limite élastique comme de l'aluminium, les six compagnons profitent de multiples ponts élévateurs, charriots de mise en hauteur rapide, zones de préparation avec sécheur infra_rouge monté sur rails, tire_clous capable de reconnaitre le type de matériaux et d'adapter la puissance de soudage... La liste n'est pas exhaustive mais déjà impressionnante. Sous le génie civil, plusieurs bacs ont pour mission de récupérer les fluides et de les traiter (séparation des hydrocarbures) avant de pouvoir les rejeter. Panneaux sandwich et pièges à son permettent d'obtenir une excellente isolation thermique et phonique. Pour l'instant, les activités tournent autour de la réparation_collision. La mécanique d'entretien est proposée via l'agence Renault. Mais le matériel est prêt pour proposer ce service. Outillage pour le changement de pneumatiques, des amortisseurs et même une armoire d'énergies, capable de réaliser des vidanges par aspiration et de fournir l'électricité nécessaire à la recharge d'une voiture grâce à une prise de type 2. OPTIMISATION DE L'ESPACE La taille réduite de l'atelier est compensée par une méthode de réparation rapide. En moyenne, le Relais Montesquieu est capable de traiter six voitures par jour. « Plutôt des petits chocs », reconnaît Maurice Boufraine qui a quand même opté pour une table élévatrice avec système de redressage. Pour l'instant, ce sont surtout l'agence Renault et la société de location longue durée qui nourrissent l'atelier. Mais, les deux jeunes patrons espèrent bien convaincre une clientèle de particuliers. « Ce qui n'est pas simple, pense Bénédicte Willems, nous voulons maitriser notre tarif horaire (ndlr. environ 110 € TTC) ce qui nous prive des principaux agréments. C'est notre volonté, nous ne voulons pas brader notre travail. Pour faire venir une clientèle extérieure, il ne reste plus que le bouche_à_oreille et les projets de communication que nous mettons en place ». Pour Maurice Boufraine, les choses pourraient changer à plus ou moins long terme « Il faut que nous parvenions à imposer aux assureurs une nouvelle méthodologie de travail. Pour cela, il faudra sans doute grandir, ouvrir d'autres sites pour développer notre concept zéro poussière ». Pour l'instant, Centralise Group, la maison mère, n'a pas encore décidé si ce sera sous forme de licence, de franchise ou d'autres sites en propre. Mais la volonté est là. Aller vite et proposer un travail de qualité avec la nécessité de s'inscrire dans une démarche de protection de l'environnement. Pour Maurice Boufraine, « les assurances doivent revoir leur copie. Elles ne pourront pas ignorer trop longtemps les carrosseries qui investissent dans ce sens. La seule maîtrise des coûts ne peut pas suffire. Surtout avec une clientèle de modèles premium qui est en droit d'attendre un service après_vente à la hauteur ». Huit mois après son ouverture, la carrosserie annonce 1 M€ de CA. A terme, en moyenne annuelle, elle espère atteindre un chiffre d'affaires de 2 M€. Pour cela, elle va devoir maintenir un haut niveau de productivité tout en faisant face aux différentes contraintes que tous les carrossiers connaissent : multiplication des voitures de remplacement, stockage et parking des modèles en attente de réparation et de livraison, rapports plus ou moins tendus avec les experts, avance financière en attendant le règlement d'assurance. Des difficultés qu'il faut certes contourner mais qui n'entament en rien la volonté de Bénédicte et Maurice. PAUL BARIN Pour Bénédicte Willems et Maurice Boufraine, lancer une carrosserie était devenu nécessaire pour répondre à la demande de la clientèle de location longue durée. Les postes de tôlerie et préparation peinture sont tous équipés d'un système de levage. On trouve un pont ciseaux, plusieurs tables élévatrices et même des crics à levage rapide. Personne n'a à se baisser pour travailler sur un bas de caisse. 3 QUESTIONS À BÉNÉDICTE WILLEMS FICHE SIGNALÉTIQUE Améliorer la productivité tout en ayant un projet éco_responsable, n'est_ce pas un peu contradictoire ? Cela va dans le même sens. On a mis les moyens pour s'équiper en technologie. On est gagnant sur les deux plans. Lorsque les fluides coulent directement dans le séparateur d'hydrocarbures, c'est de la manutention en moins. Même chose pour le lavage des pistolets. La productivité progresse alors. Vous avez choisi de conserver une liberté de tarif. Quels sont les principaux axes de développement pour attirer une clientèle de particuliers ? On mise sur le « zéro poussière » et la sécurité de nos salariés parce que nos salariés c'est nous. On veut qu'ils travaillent dans de bonnes conditions. Ce sera notre axe de communication et de travail, même si nous multiplions les sites. Pensez_vous que le hors assurance a un réel avenir ? Je suis persuadée que le monde de l'assurance va être totalement chamboulé à moyen terme. Que les assurances traditionnelles n'auront plus le même poids, qu'il faudra compter avec de nouveaux acteurs. Déjà, lorsqu'on propose un contrat longue durée, on intègre l'assurance flotte, ce qui facilite grandement la vie au moment de la réparation.
Nombre de locaux 1
Surface atelier 480 m2
Nombre d'employés 6
Chef d'atelier 1
Tôliers 1
Peintres 2
Apprentis 2
Types d'activité Tôlerie/peinture, vitrage
Agréments Aucun
Réseaux Aucun
Marque de peinture Cromax
Outils de chiffrage et EAD Diva Lacour
Nombre de voitures de remplacement 10
CA moyen 1 M €
Grâce au système infrarouge monté sur rails et facilement orientable, les apprêts sont séchés en quelques minutes directement sur les aires de préparation. Le laboratoire est équipé de multiples extractions d'air. Les peintres peuvent utiliser un spectrophotomètre ou l'outil couleur Cromax. Cette armoire murale dispose de multiples sources d'énergies pneumatiques et électriques. Il est aussi possible de réaliser une vidange minute par extraction. Les bruits sont parfaitement étouffés, l'ambiance n'est pas stressante. Photos DR