presentationequipeabonnementboutiquepubContact

CARROSSERIE > N°708 > MAI 2017 Carrosserie automobile Dossier > ATELIER CONNECTÉ Poste peinture : le soutien de la technologie Dans l'atelier, la gestion du poste peinture joue un rôle majeur dans son bon fonctionnement et sa bonne santé financière. Pour cela, il faut disposer des bons outils, de plus en plus connectés afin d'optimiser la productivité. L'activité peinture reste, dans les ateliers de réparation carrosserie, un des points cruciaux, pour ne pas dire le poste clé. Il peut être tout aussi bien générateur de productivité et de profits comme celui de la faillite. Bien des choses sont venues, au fil du temps, contrarier les us et coutumes des peintres, remettant en cause leur manière de procéder, leur mode de gestion et d'utilisation des produits, le temps passé... L'empirisme et la mesure au doigt mouillé d'antan, usités pour préparer les teintes, appréhender les stocks... ne sont plus admis. La rigueur est de mise à chaque maillon de la chaîne de l'identification de la teinte et sa réalisation, à la gestion des produits en passant par la pesée, les méthodes à appliquer etc. Pour accompagner les peintres dans cette mission de gestionnaire de leur activité, en complément de leur bagage technique à assumer et à parfaire via des formations, des outils et des méthodes ont été développés par les fabricants de produits, entre autres. L'apport de la technologie et de l'informatique sont là pour aider à mieux contrôler les opérations et ainsi garantir un meilleur niveau de rentabilité. En mettant en application l'ordre de mise en phase d'une opération de peinture, nous vous proposons de passer en revue les descriptifs, les fonctionnalités et surtout l'intérêt de chaque outil. FABULEUX SPECTROPHOTOMÈTRE Longtemps boudés par les peintres, à cause de leurs prix dissuasifs et leur manque de fiabilité dans les résultats, les spectrophotomètres ont finalement été admis pour devenir de plus en plus utilisés et appréciés. D'une part, ils sont devenus très fiables (on frise les 95% de réussite dans l'obtention d'une bonne formule) et les prix sont devenus plus abordables. Tous les fabricants de produits peinture en disposent : l'Automatchic Vision chez AkzoNobel, le ChromaVision Pro, le ColorDialog Delta et le Genius chez les trois marques du groupe Axalta (Cromax, Spies Hecker et Standox), le Colortronic 2 et le Ratio Scan 2 pour les deux marques du groupe BASF (RM et Glasurit), le Color Match Explorer chez Lechler, le RapidMatch pour les 3 marques du groupe (PPG, Nexa Autocolor et Max Meyer) et enfin le 66_360 de Valspar Automotive pour les marques DeBeer Refinish et Octoral. Leur moyen de détection de la teinte est pourvu de trois à cinq angles de lecture et il faut entre deux et quatre mesures pour obtenir un bon résultat. Pratiquement tous embarquent des systèmes techniques très élaborés afin d'avoir une fiabilité accrue. Par exemple, ils prennent en considération la taille et le placement des particules des teintes métallisées et nacrées. Ils considèrent les rayures et les erreurs de lecture sont immédiatement analysées et comparées avec les teintes de référence enregistrées dans les bases de données pour restituer les corrections à réaliser par exemple. Une somme d'informations et de corrections offrant un gain de temps non négligeable. Ainsi, si l'on considère, dans le processus de l'opération peinture pour une réparation carrosserie, que le goulot d'étranglement est la réalisation de la teinte, le spectrophotomètre lève ce « bouchon » s'il est utilisé convenablement, en suivant une méthodologie rationnelle. Tout part de la prise de la teinte, dès que le véhicule arrive dans l'atelier. Cela permet au peintre de réaliser la teinte dans la foulée et de l'appliquer sur une plaquette de contrôle afin de venir comparer le résultat sur le véhicule. Un ajustement peut, certes, s'avérer nécessaire mais il est préférable de l'apporter à ce moment de l'opération. Enfin, le fait de préparer la teinte en amont, avec la bonne quantité selon l'opération à réaliser, comme le proposent la plupart des logiciels auxquels se connectent les spectrophotomètres permet de voir si toutes les bases sont bien disponibles et, au cas où, lancer en urgence une commande afin de ne pas perturber l'organisation du travail, et surtout la planification de l'occupation de la cabine. Bref, si le spectrophotomètre doit impérativement faire partie de la palette d'instruments du peintre, ce n'est pas pour autant qu'il se substitue aux autres outils couleurs plus classiques tels que les lèches et autres nuanciers. Tous sont complémentaires et utiles. LES LOGICIELS CONNECTÉS Dans la palette d'outils destinée à assister le peintre depuis ses recherches de teintes jusqu'à la gestion des produits, les logiciels proposés par tous les fabricants de peinture s'imposent. Disponibles sur CD_Rom ou téléchargeables par Internet, avec des remises à jour périodiques ou en direct selon les configurations, ils proposent un schéma fonctionnel, composé de blocs d'outils connectés dédiés au poste peinture. Ces logiciels viennent se positionner entre le spectrophotomètre et la balance. Les programmes ont de multiples fonctionnalités et disposent de bases de données, de codes d'identification et de formulations de teintes. Dépassant largement les 300 000 variantes, ces formules servent de référence à la lecture réalisée avec le spectrophotomètre, qui vient se connecter après la lecture réalisée auparavant. Avec un module spécifique intégré, en fonction de l'opération à réaliser, il est possible d'obtenir la quantité de peinture à préparer pour une opération précise. Concrètement, des visuels sont présentés avec le véhicule où sont matérialisés les éléments à peindre. Autant de données qui servent dans la majorité des cas, à constituer des dossiers propres au véhicule traité, référencé selon son immatriculation ou le nom du client. Des données essentielles dans le cadre d'une gestion plus rigoureuse des différents postes dans l'atelier et le suivi de l'avancement des travaux prévus. UNE ANALYSE ULTRA FINE En fonction de l'opération à réaliser, il est alors possible d'obtenir la quantité de peinture à préparer de façon très précise et de se constituer une base de données personnelle. Le logiciel gère les informations pour évaluer la productivité de la carrosserie afin d'en déduire et de suivre, opérateur par opérateur ou poste par poste, par qui et quand a été réalisé le travail, les teintes utilisées, le volume requis, la précision de mesure, la consommation de produits et le contrôle des coûts. Si tous ces outils permettent énormément de choses, leur intérêt est qu'ils soient adaptables et adaptés aux besoins de chaque carrossier comme tient à le souligner Arnaud Racape, directeur marketing et développement business : « Notre logiciel de gestion du poste peinture « PaintManager » est un outil adaptable destiné à tous les carrossiers, en fonction de leurs besoins et de leurs attentes. Un outil est fait pour être utilisé, il se doit d'être accessible pour être performant et apporter de la valeur ajoutée aux clients tout en proposant de prendre en charge des tâches comme la gestion du fonctionnement du poste peinture, des stocks, des commandes, des tarifs, la gestion des ratios peinture et des ratios du poste peinture ». Pour résumer, et comme le fait remarquer Redhwan Amine, directeur commercial _ Refinish France chez Axalta Coatings Systems : « Tout ce qui permet de réduire les temps de gestion de la réparation est bon à prendre. Le but est de faciliter le travail pour le carrossier avec des outils comme la recherche colorimétrique connectée, le « spectro » connecté. C'est pourquoi, notre objectif est de permettre d'obtenir la bonne colorimétrie, la bonne quantité de peinture, la bonne pièce grâce à la bonne identification du véhicule. Le carrossier obtiendra de meilleurs résultats : son entreprise sera donc plus rentable et pérenne ». LA BALANCE COMMUNICANTE : UN MAILLON ESSENTIEL En bout de chaîne, se trouve la balance. Là encore, cet outil basique au début dans les laboratoires de peinture, a bien évolué. Comme l'explique Erwan Baudimant, responsable national des ventes RM et Glasurit : « Aujourd'hui, les balances assistées par ordinateurs permettent à nos clients de bénéficier du e_commerce sur l'ensemble du territoire ». Ce type de balances de dernière génération présente l'intérêt de pouvoir communiquer avec différents logiciels de gestion d'un poste peinture ceux de la marque comme ceux proposés par tous les autres fabricants de peinture. Via un PC ou en liaison directe, elles peuvent être connectées avec l'ensemble des références peinture : bases de teintes, vernis, apprêts etc. Avec une connexion Internet, elles sont à même de recevoir toutes sortes de valeurs, d'informations techniques, d'échanges avec d'autres professionnels, situation du stock afin de déclencher une commande le cas échéant. Avec cette fonction, le stock est géré automatiquement ; il suffit que le peintre définisse les limites _ mini et maxi_ de l'ensemble de ses produits. Quand la limite mini d'un produit est atteinte, le programme propose automatiquement une commande, à valider, afin qu'elle soit déclenchée chez le distributeur. Côté technique, pour réaliser une couleur qui nécessite le mélange de plusieurs bases (jusqu'à 7), dont quelques_unes dans des quantités infinitésimales dans la composition finale, il est indispensable de disposer d'une balance capable de répondre aux plus grandes exigences. Les plus récentes assurent une précision à 0,1 g près et disposent de différents modes de correction pour pouvoir ajuster le dosage des composants après une erreur, en cours de préparation. Elles bénéficient également de toutes les interfaces permettant des raccordements au système de peinture, à l'imprimante, à un ordinateur ou un serveur voire un afficheur auxiliaire... Enfin, elles répondent aussi aux réglementations dont celle exigeant une protection ADF (EX zone 1). Toutes ces évolutions techniques et technologiques permettent, finalement, des gains de production pouvant faire la différence sur le bilan de fin d'année de la carrosserie. MARTIAL BURAT Les outils informatisés sont la clé d'économies et de gains de productivité. Le spectrophotomètre donne, dans 80 % des cas, la bonne formule du premier coup. Chaque chantier fait l'objet d'un dossier de suivi détaillé regroupant l'ensemble des informations. Photos DR Cette visualisation guide le technicien pour préparer ses produits. La formulation d'une teinte peut se faire à la goutte près. La balance, précise au dixième de gramme prêt, mérite une attention particulière. En cas de besoin, il est possible de recalculer la formulation de la teinte. A tout moment, il est possible de disposer d'un compte_rendu détaillé de l'atelier peinture.