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CARROSSERIE > N°718 > Août - Septembre 2018 Patrimoine > COMMUNICATION Les véhicules publicitaires des années 1950 A l'aube des Trente Glorieuses, la construction de véhicules publicitaires est une nouvelle spécialité carrossière pleine d'avenir. Liée à l'essor de la consommation de masse, elle permet aux carrossiers de voitures particulières en crise de se reconvertir tout en témoignant de leur savoir-faire. L'utilisation des véhicules routiers comme supports publicitaires existe déjà au 19ème siècle : des enseignes commerciales comme Félix Potin, les Magasins du Louvre ou le Bon Marché font peindre leurs voitures utilitaires hippomobiles puis automobiles. L'après-guerre voit cependant cette pratique s'élever en véritable spécialité : la télévision est encore un produit de luxe et le développement de la consommation de masse repose sur des campagnes de communication radiophoniques et visuelles. La publicité que procurent ces véhicules en contact direct avec le public, à l'instar de la célèbre caravane du Tour de France, est un véritable enjeu pour les entreprises qui y consacrent des budgets importants et font appel pour les réalisations les plus complexes à des stylistes et des artistes de renom comme Géo Ham et Philippe Charbonneaux. Moins connu, qu'eux, Félix Aublet - artiste, styliste et architecte - est le véritable précurseur du genre lorsqu'il conçoit les véhicules publicitaires de la flotte des apéritifs Cinzano à partir de 1948. Une loi promulguée sous Vichy interdit en effet toute publicité par voie d'affiches pour des boissons alcoolisées : ce sont donc ces marques qui le plus tôt et le plus souvent font appel aux carrossiers pour construire des véhicules publicitaires. C'est ainsi que la marque de rhum Cazanove, dont les produits sont importés par le port de Bordeaux, fait appel au carrossier Claverie à l'époque installé à Bègles. Réalisation unique ou petite série, l'importance de ce nouveau marché permet aux carrossiers de se reconvertir dans le contexte difficile de l'après-guerre, à l'image d'Antem à Courbevoie et Agathon à Clichy. Carrossiers de voitures de luxe avant guerre, le premier livre une série de fourgons Ricqlès et le second les vingt prototypes Cinzano sur châssis Renault 2,5 t. D'autres, déjà spécialisés dans la carrosserie sur véhicules industriels, comme Di Rosa qui livre des véhicules pour la marque de montres Lip, y voient un complément d'activité et une occasion de démontrer leurs qualités. C'est pourquoi le Groupement syndical organise à partir de 1951 un concours intitulé « La Publicité qui roule » en partenariat avec la Fédération Française de la Publicité. Au-delà des différents prix attribués, l'objectif de ce rendez-vous parisien annuel est clair : saluer la créativité carrossière et l'innovation notamment dans l'utilisation des matériaux plastiques en offrant aux adhérents du groupement puis de la Fédération Française de Carrosserie une occasion de réaliser des ensembles exceptionnels, à l'image de l'ensemble tracteur Berliet et semi-remorque à système extensible rappelant les anciennes diligences réalisé par Chéreau pour les Vins du Postillon qui fait grande impression lors de la cinquième édition en 1955. GUILLAUME KOZUBSKI (FFC CONSTRUCTEURS) Véhicule publicitaire Cinzano carrossé par Heuliez. Véhicule publicitaire des Rhums Cazanove carrossé par Claverie. Véhicule publicitaire Les Vins du Postillon carrossé par Chéreau. Photos Archives FFC