|
|
|
|
|
Articles en accès libre |
| 1.
Choisissez un n° |
| 2. Puis un
article |
|
|
Chez Depaeuw, le patrimoine a pris « la route de l'Amérique »
Pour la 11e Journée du Patrimoine des Transports Depaeuw, le transporteur nordiste a fait traverser l'Atlantique à sa collection. De la Ford TT aux Mack, les camions ont roulé et le public a découvert, en bande dessinée, un siècle d'influence américaine sur le transport routier.
Le samedi 12 septembre, une semaine avant les Journées européennes du patrimoine, la cour des Transports Depaeuw a ressemblé à un quai de port américain des années 1940. L'affiche de cette 11e édition le promettait : un camion Ford orange, des sacs « U.S. », des caisses « Plan Marshall » et une bannière « Sur la route de l'Amérique ». Les commentaires de cet événement, particulièrement pertinents, étaient assurés par Jean-François Grevet, universitaire, historien qui a mis en relief cet événement.
Un rendez-vous de famille
La Journée du Patrimoine n'est pas une manifestation ouverte à tous. Depuis 2011, l'entreprise réunit chaque année ses salariés, leurs familles et quelques invités autour de la collection de véhicules anciens de la famille. L'occasion est aussi, pour les conducteurs, de faire découvrir leur métier à leurs proches. Cette année, le thème était la manière dont les États-Unis ont transformé le transport routier européen. Selon le livret remis aux visiteurs, dès le début du XXe siècle, le pays révolutionne l'industrie automobile « grâce à des méthodes de production inédites » et son influence gagne vite l'Europe.
L'histoire racontée en bande dessinée
Le livret distribué aux participants est lui-même une originalité. Plutôt qu'un catalogue, l'entreprise a choisi la bande dessinée. Ses planches présentent les principaux véhicules des parades, avec anecdotes historiques et explications techniques. Le parcours va de la camionnette Ford TT, inspirée de la célèbre Ford T, aux imposants poids lourds américains.
On y apprend par exemple que, dans la région lilloise, certaines brasseries ont succombé aux véhicules américains bon marché malgré la hausse des taxes douanières. Les constructeurs français produisaient alors surtout des camions de 5 tonnes, dérivés de la production militaire de la Première Guerre mondiale.
Des camions qui racontent l'Histoire
Chaque véhicule présenté a son histoire :
Ford AA (1930) : icône du cinéma de la prohibition, il est repris chaque décembre en camion du Père Noël, rempli de jouets, à l'entrée des Transports Depaeuw.
Citroën C4 : elle rappelle les voitures chargées de biens des Raisins de la colère de Steinbeck, quand la famille Joad fuit l'Oklahoma par la Route 66.
Studebaker et White, aux couleurs du déménageur bruxellois Vandergoten (années 1930 et 1940) : ces tapissières montrent comment l'utilitaire est devenu une enseigne roulante.
International Harvester M426 (1944) : il a participé au Red Ball Express, la logistique de la bataille de Normandie, avant une seconde vie civile chez les Transports Neveux, avec un moteur Diesel DAF.
Ford Canada (1948) : modèle emblème des affiches du plan Marshall, il a servi jusqu'en 1977 chez un industriel d'Estaires, avec un moteur Hanomag à la place du V8 essence trop gourmand.
Opel Blitz (1956) : identique au Chevrolet 3100, il portait un « chargement surprise » géant, uvre de Pierre Loyer, constructeur de géants à Warneton.
Willème W8D (1959) : ce tracteur 6x4 à long capot, conservé 34 ans par Émile Gossaert à Sainghin-en-Weppes, est arrivé dans les ateliers de Lompret en 2024 après une sortie de hangar spectaculaire. Aux Journées du patrimoine 2025, il avait repris la route aux couleurs du camion du film Le Salaire de la peur.
Berliet TLM 10 M (1959) : attelé à une citerne Fruehauf Mobil de 20 000 litres qui avitaillait l'aéroport du Bourget, il porte le long capot voulu par Paul Berliet en hommage aux camions américains.
Mack (1968 et 1978) : le tracteur surnommé « Pinardier », ancien porteur de citerne à vin, a été sauvé de l'abandon près d'Avignon. Le F700, un 6x4 léger, était le rêve américain de certains patrons chauffeurs de Flandre française.
Ford F600 (1969) : ce camion partait de la Grand'Place de Lille avec les journaux de La Voix du Nord. Devenu véhicule de régie du car podium, il a vu son moteur se réveiller pour la première fois après 25 ans d'immobilisation.
La caravane comptait aussi un combi Volkswagen T1, symbole de liberté des années 1960.
Du cinéma sur roues
Le livret consacre en outre une page aux références culturelles. On y croise Laurel et Hardy et leur Ford TT, Les Raisins de la colère, Le Salaire de la peur, Le Convoi et Duel de Spielberg. Il y a aussi Des gens sans importance, avec Jean Gabin au volant d'un Willème LC 610, Tintin en Amérique et Mack dans Cars. Une manière de rappeler que le camion américain est autant un mythe qu'une machine.
Transmettre, plus que conserver
Derrière les chromes, le message de l'entreprise reste le même : ce patrimoine « que nous sommes fiers de préserver et de partager ». Pour ses organisateurs, un camion ancien qui roule vaut mieux qu'un camion immobile, et chaque véhicule raconte « une époque, une innovation et une aventure humaine ». Le livret souhaite à ses lecteurs, en guise de conclusion, un « bon voyage au cur du rêve américain ».
Pour la 11e Journée du Patrimoine des Transports Depaeuw, le transporteur nordiste a fait traverser l'Atlantique à sa collection. De la Ford TT aux Mack, les camions ont roulé et le public a découvert, en bande dessinée, un siècle d'influence américaine sur le transport routier.
Le samedi 12 septembre, une semaine avant les Journées européennes du patrimoine, la cour des Transports Depaeuw a ressemblé à un quai de port américain des années 1940. L'affiche de cette 11e édition le promettait : un camion Ford orange, des sacs « U.S. », des caisses « Plan Marshall » et une bannière « Sur la route de l'Amérique ». Les commentaires de cet événement, particulièrement pertinents, étaient assurés par Jean-François Grevet, universitaire, historien qui a mis en relief cet événement.
Un rendez-vous de famille
La Journée du Patrimoine n'est pas une manifestation ouverte à tous. Depuis 2011, l'entreprise réunit chaque année ses salariés, leurs familles et quelques invités autour de la collection de véhicules anciens de la famille. L'occasion est aussi, pour les conducteurs, de faire découvrir leur métier à leurs proches. Cette année, le thème était la manière dont les États-Unis ont transformé le transport routier européen. Selon le livret remis aux visiteurs, dès le début du XXe siècle, le pays révolutionne l'industrie automobile « grâce à des méthodes de production inédites » et son influence gagne vite l'Europe.
L'histoire racontée en bande dessinée
Le livret distribué aux participants est lui-même une originalité. Plutôt qu'un catalogue, l'entreprise a choisi la bande dessinée. Ses planches présentent les principaux véhicules des parades, avec anecdotes historiques et explications techniques. Le parcours va de la camionnette Ford TT, inspirée de la célèbre Ford T, aux imposants poids lourds américains.
On y apprend par exemple que, dans la région lilloise, certaines brasseries ont succombé aux véhicules américains bon marché malgré la hausse des taxes douanières. Les constructeurs français produisaient alors surtout des camions de 5 tonnes, dérivés de la production militaire de la Première Guerre mondiale.
Des camions qui racontent l'Histoire
Chaque véhicule présenté a son histoire :
Ford AA (1930) : icône du cinéma de la prohibition, il est repris chaque décembre en camion du Père Noël, rempli de jouets, à l'entrée des Transports Depaeuw.
Citroën C4 : elle rappelle les voitures chargées de biens des Raisins de la colère de Steinbeck, quand la famille Joad fuit l'Oklahoma par la Route 66.
Studebaker et White, aux couleurs du déménageur bruxellois Vandergoten (années 1930 et 1940) : ces tapissières montrent comment l'utilitaire est devenu une enseigne roulante.
International Harvester M426 (1944) : il a participé au Red Ball Express, la logistique de la bataille de Normandie, avant une seconde vie civile chez les Transports Neveux, avec un moteur Diesel DAF.
Ford Canada (1948) : modèle emblème des affiches du plan Marshall, il a servi jusqu'en 1977 chez un industriel d'Estaires, avec un moteur Hanomag à la place du V8 essence trop gourmand.
Opel Blitz (1956) : identique au Chevrolet 3100, il portait un « chargement surprise » géant, uvre de Pierre Loyer, constructeur de géants à Warneton.
Willème W8D (1959) : ce tracteur 6x4 à long capot, conservé 34 ans par Émile Gossaert à Sainghin-en-Weppes, est arrivé dans les ateliers de Lompret en 2024 après une sortie de hangar spectaculaire. Aux Journées du patrimoine 2025, il avait repris la route aux couleurs du camion du film Le Salaire de la peur.
Berliet TLM 10 M (1959) : attelé à une citerne Fruehauf Mobil de 20 000 litres qui avitaillait l'aéroport du Bourget, il porte le long capot voulu par Paul Berliet en hommage aux camions américains.
Mack (1968 et 1978) : le tracteur surnommé « Pinardier », ancien porteur de citerne à vin, a été sauvé de l'abandon près d'Avignon. Le F700, un 6x4 léger, était le rêve américain de certains patrons chauffeurs de Flandre française.
Ford F600 (1969) : ce camion partait de la Grand'Place de Lille avec les journaux de La Voix du Nord. Devenu véhicule de régie du car podium, il a vu son moteur se réveiller pour la première fois après 25 ans d'immobilisation.
La caravane comptait aussi un combi Volkswagen T1, symbole de liberté des années 1960.
Du cinéma sur roues
Le livret consacre en outre une page aux références culturelles. On y croise Laurel et Hardy et leur Ford TT, Les Raisins de la colère, Le Salaire de la peur, Le Convoi et Duel de Spielberg. Il y a aussi Des gens sans importance, avec Jean Gabin au volant d'un Willème LC 610, Tintin en Amérique et Mack dans Cars. Une manière de rappeler que le camion américain est autant un mythe qu'une machine.
Transmettre, plus que conserver
Derrière les chromes, le message de l'entreprise reste le même : ce patrimoine « que nous sommes fiers de préserver et de partager ». Pour ses organisateurs, un camion ancien qui roule vaut mieux qu'un camion immobile, et chaque véhicule raconte « une époque, une innovation et une aventure humaine ». Le livret souhaite à ses lecteurs, en guise de conclusion, un « bon voyage au cur du rêve américain ».
|
|
|
|
|
| Articles en
accès libre |
|
|
1. Sélectionnez un numéro |
|
2. Choisissez un article en accès libre |
|
|
|
|